Dominique Maréchal, ami brugeois conservateur aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles et grand connaisseur de Joseph-Benoît Suvée, sur lequel il avait déjà publié plusieurs articles, et également collaborateur proche de Sophie Join-Lambert et Anne Leclair dans la préparation de leur grande exposition et monographie consacrée à ce peintre*, nous avertit en juillet 2016 que le portrait d’Augustin van Outryve risque d’être présenté sur le marché international de l’art.

PR10 L homme rouge LDVu l’importance à la fois du peintre et du «portraituré» il estime qu’il serait dommage de ne pas tenter de ramener l’œuvre à Bruges. C’est donc aux collaborateurs du Musée Groeninge , et en particulier à Laurence Van Kerkhoven, conservateur-adjoint, que revient la tâche de boucler un dossier, en quelques jours à peine, à soumettre au gouvernement flamand afin d’exercer son droit de préemption, d’acquérir l’œuvre et la confier à la garde du Musée Groeninge où elle doit rejoindre d’autres toiles du même maître et de ses contemporains néo-classiques.

Augustin van Outryve reviendrait donc à Bruges à quelques pas de la Maison, dite Arents, qui lui était chère.

Laurence Van Kerkhoven connaît bien le sujet et possède déjà des informations non négligeables qui lui permettent de se mettre immédiatement à la tâche mais il lui manque le temps de consulter les archives afin d’étayer le dossier. Me voilà donc embarquée dans l’aventure avec elle.

Partant de l’inventaire d’une partie des archives familiales, établi par le Kadoc, je me rends à Louvain et y découvre quelques documents de famille concernant l’achat ou le don de propriétés en région brugeoise, ainsi que la succession d’Augustin.

Le lendemain est consacré aux archives de la ville de Bruges. La recherche y est plus fructueuse et passionnante. La ville conserve, tout ou partie, du courrier professionnel d’Augustin van Outryve ce qui permet de mesurer l’ampleur de son négoce, de voir défiler ses échanges avec ses correspondants dans de nombreux pays, de déchiffrer sa signature, d’avoir en main certaines des lettres que contenaient sans doute les trois grandes boîtes posées sur son bureau dans la toile de JB. Suvée. J’avais malheureusement trop peu de temps pour lire ces lettres difficiles à déchiffrer et devais me contenter de les lire rapidement en diagonale. Mais ces informations venaient conforter les arguments que Laurence Van Kerkhoven devaient pouvoir utiliser dans sa note de motivation.

Nous ne désespérons pas de pouvoir un jour nous mettre systématiquement au déchiffrage de ce courrier et, qui sait, découvrir encore davantage l’étendue de ce commerce international à Bruges à la fin du XVIIIe siècle dans lequel les van Outryve ont joué un rôle non négligeable.

Françoise (Géry) d’Ydewalle