Bernard d’Ydewalle, fils de Léon van Outryve d’Ydewalle (1907-1996) et de Ghislaine de Schietere de Lophem (1912-1989), se documente depuis déjà soixante ans sur nos origines familiales.
Il nous dévoile ses motivations et quelques-unes de ses découvertes généalogiques.

Partout, des portraits d’ancêtres …

C’est vers mes dix-huit ans que je me suis demandé quelle était mon ascendance et quelle place je prenais dans la tribu des van Outryve.
A Tudor, chez mes grands-parents paternels, il y avait dans le vestibule et sur une cheminée d’un salon, des blasons de nombreuses familles dont j’ignorais les noms. Aux murs du bureau de bon-papa, des salons et de la salle à manger, on admirait des tableaux de toutes époques, avec des figures aimables ou austères. Je ‘voyais double’ dans la salle à manger: mes grands-parents à table et les mêmes d’une autre époque en portrait.

06D Kasteel ten Torre OKDu château de Ten Torre, où vivaient mes grands-parents maternels, je garde le souvenir des quatre tours, dont une était munie d’une cloche, et à partir desquelles on pouvait scruter l’horizon au-dessus des arbres du parc. Nous pêchions des carpes et des anguilles dans le grand étang.
Le plafond du vestibule était garni d’armoiries, et toutes les pièces comportaient des tableaux d’ancêtres.
Je me souviens du portrait d’Emile de Meester, qui avait été conseiller de notre ambassade à Rome. C’était un grand collectionneur d’œuvres d’art, qu’il avait acquises en Italie.
Il était, chose rare, également propriétaire d’une collection de momies égyptiennes.
Dans la salle à manger trônaient Joseph de Meester, dans un bel uniforme de l’Ordre de Malte, ainsi que son épouse Lucie du Val de Beaulieu. Tous deux nous observaient durant nos agapes.
A l’occasion des fêtes de communion on parlait de la tante Louise Aronio, de Jean de Béthune, de Bernard van Severen, ainsi que des cousins d’Ydewalle de Peereboom et des Trois-Rois.
Les cousins de Meester de Ramsdonck habitaient plus loin. Je ne les connaissais pas.
Les Lophem de Bruges m’étaient plus familiers, mais je m’embrouillais dans les prénoms.

Mes sources de documentation

Grâce à mon père j’ai reçu la collection des annuaires de la noblesse de Belgique de mon arrière-grand-père de Meester qui figurait dans la bibliothèque de Ten Torre.
Durant mes études primaires au collège Saint Louis à Bruges, j’ai côtoyé les deux frères John et Roland van Houtryve, fils de l’architecte. Il existait donc d’autres branches van Outryve dont j’ignorais tout.
Mes recherches généalogiques m’ont amené à beaucoup fréquenter la bibliothèque publique de Bruges (Place van Eyck), et ensuite le Biekorf.
Etudiant à Louvain, j’ai exploité les ressources de la Bibliothèque centrale de l’Université, et plus tard – quand nous habitions à Retie - celles de la Bibliothèque royale à Bruxelles.
Mais chaque découverte ouvrait de nouvelles pistes à explorer … Les photocopieuses m’ont été d’un grand secours, m’évitant de devoir « gratter » de nombreuses pages !
Je me suis également abonné à cinq revues, qui m’ont été d’un grand secours pour planifier et orienter mes lectures.
Pour les manuscrits j’ai principalement consulté l’ancien inventaire de Lyna, qui rend encore service, et le Fonds Goethals.

Acheteur, mais également vendeur d’archives

D’année en année je fais des achats avec un budget limité, en me concentrant sur des acquisitions vraiment essentielles. Je ne sais pas combien d’ouvrages je possède actuellement. Cela fait un total d’environ 20 mètres de livres, autant dire que ma bibliothèque est très modeste.
Il m’arrive également de faire des affaires lors des ventes aux enchères des antiquaires Van de Wiele à Bruges, Morel de Westgaver et Godts à Bruxelles. La vente d’ouvrages de moindre importance pour mon travail finance les nouvelles acquisitions qui me semblent plus indispensables.
L’ensemble de ma documentation est archivée dans 150 classeurs, qui se sont accumulés en soixante ans.
Qui étaient mes arrière-grands-parents et leurs ascendants, souvent d’origine étrangère ?
J’ai fait un tableau de dynasties pour dix générations. Il est complet pour huit générations, soit 128 noms de familles et encore deux générations incomplètes, faute de sources sûres.
Les d’Ydewalle et les Lophem ont une ascendance internationale, comme nombre de familles de la noblesse belge. Sous l’Ancien Régime déjà des militaires, des négociants ont émigré pour des motifs religieux et se sont notamment établis dans les Pays-Bas espagnols et autrichiens. Les Français ont fait de même avant et après la Révolution, les Hollandais avant et après 1815.

Ascendance d’Ydewalle

06A de Roper Livre genealogique Bernard vOdY OKDe précédents articles de notre revue familiale ont déjà détaillé l’ascendance française de ma grand-mère Aronio de Romblay.
Mon père a pris des notes concernant l’ascendance italienne des Aronio lors d’un passage à Gènes, en 1930. Visitant à mon tour la bibliothèque Berio de la ville de Gènes, j’y ai retrouvé la trace d’un Aronio inscrit dans le livre de la noblesse. Il n’a pas eu de descendance, mais on sait qu’il paya la décoration d’une des chapelles de l’église de Saint Donat à Gènes.
J’ai retrouvé, grâce aux notes de mon arrière-grand-mère Aronio et celles de mon père, la maison de la famille dans la via Magdalena. L’église de Saint Donat comprend une pierre commémorative dédiée à la famille Monte de la Peste, qui mentionne un Aronio agissant en qualité de notaire.
Du côté anglais les d’Ydewalle ignorent tout de notre ancêtre Arazola d’Ognate qui compta deux alliances anglaises : les Heath et les Roper, seigneurs de Teyham.
Une généalogie de la famille Roper m'a permis de retracer divers liens entre les Arazola d'Ognate et les le Bailly de Tilleghem (voir illustrations ci-contre et ci-dessous).

06C de Roper2 Livre genealogique Bernard vOdY OK

Ascendance van der Renne

La famille de ma grand-mère van der Renne de Daelenbroeck est d’origine hollandaise. Les van der Renne étaient négociants drapiers à Stratum. La belle-mère d’un van der Renne propriétaire d’une brasserie en confia la gestion à son petit-fils, qui en hérita par la suite. Ainsi débuta la montée sociale de cette famille, établie à Eindhoven et à Roermond, où ils participèrent d’ailleurs à la gestion de la ville.
Deux jeunes gens furent envoyés aux études à Louvain, et deux autres à Cologne. Pour faire valoir ses études universitaires et être bien dans ses papiers, le moyen le plus certain était de devenir gestionnaire de patrimoine immobilier d’une maison princière. Les Costerius de Boshoven et les van der Renne l’ont bien compris.

Du côté espagnol citons les Arazola et toute leur ascendance. Marie-Thérèse Arazola Dognate (1759-1812) épousa Renon le Bailly de Tilleghem (1757-1824). Ils sont les arrière-grands-parents d’Alice Le Bailly de Tilleghem (1848-1908) qui épousa Amédée van der Renne de Daelenbroeck (1835-1904).

Ma mère compte également une ascendance pour partie italienne, comprenant notamment les familles Affaytadi de Ghistelles, Fraula et Gayaffa de Capitollo.

Mon arrière-grand-mère Lucie du Val de Beaulieu avait un grand-père nommé Jean du Bois de Bianco. Le quartier maître de Bianco s’établit à la fin du 16ième siècle à Cologne, et certains descendants furent associés à la gestion de la ville.

Cousins de nombreuses monarchies

Suite à l’alliance de Jacques de l’Espée (1736-1781) et Anne van Zuylen de Nyevelt (1736-1820) tous les d’Ydewalle sont descendants de Charlemagne, de Hugues Capet, de Guillaume le Conquérant et des rois d’Espagne.
Comme des millions d’autres familles européennes nous sommes donc de très lointains cousins de toutes les monarchies !

A suivre …

-> Lien vers le sommaire du Bulletin n°29

Bernard d’Ydewalle