Bruggelingen kapen internationale hoofdprijs weg met lokale gin

12 GinCDe Standaard (10-03-2021)  - Koen Theunis
Een Brugse gin kaapte verrassend een van de hoofdprijzen weg op de World Gin Awards. 'We schrokken ons een bult', zeggen de makers.
Beste hedendaagse gin uit België en beste gerijpte gin ter wereld: die titels kaapte Bruges Gin Society weg op de World Gin Awards 2021 met respectievelijk Black Swan en Gold Swan. 'Een absolute verrassing', zeggen Baptiste van Outryve, Hendrik Baeke en Joachim Augustyn, het trio achter de Brugse gins.
'Om uit 800 deelnemers als beste te worden uitgekozen, daar moesten we toch even van bekomen. Vooral met Gold Swan, die werd verkozen als beste gerijpte gin ter wereld, hebben we heel wat grote huizen, met tal van professionals in dienst, achter ons gelaten', vertelt Van Outryve.

Klein bedrijfje als hobby
Met een oplage van 1.500 flessen Black Swan en 150 flessen Gold Swan, is Bruges Gin Society geenszins een groot bedrijf. 'Voor ons is dit een hobby, daarnaast hebben we nog alle drie een job. We zagen in de verkiezing een mogelijkheid om ons product in de kijker te plaatsen nadat evenementen als Damme Culinair waren geannuleerd en onder het motto 'wie niet waagt, niet wint' besloten we deel te nemen. Maar dat we zouden winnen, hadden we echt niet verwacht. Toen een jury met koks, sommeliers en andere professionals na een blinde test onze Gold Swan als beste ter wereld verkoos, schrokken we ons een bult', zegt Hendrik Baeke.
Nu het Brugse trio het vermaarde World Gin Awards-logo op zijn flessen kan kleven, is het niet van plan het over een andere boeg te gooien. Volgens de drie is de kleinschaligheid net hun sterkte.
'Onze gins zijn van oorsprong tot eindproduct een Brugs verhaal. Het etiket is door Hendrik ontworpen, de flessen zijn met de hand gevuld en genummerd. Elke fles is handwerk en daar zijn we trots op', zegt Van Outryve.
Black Swan verwijst naar de zwarte zwaan die in de zomer van 2014 voor nogal wat ophef zorgde toen hij zich onder zijn witte soortgenoten op de Reien mengde. Het toenmalige stadsbestuur was het dier liever kwijt dan rijk, de ginversie kan het huidige stadsbestuur duidelijk wel bekoren.

Uitzonderlijk
'België staat niet bekend als een ginland en het is dus uitzonderlijk dat een Brugse gin zo'n prijs in de wacht sleept', zegt burgemeester Dirk De fauw (CD&V). 'Bruges Gin Society zet Brugge daarmee op een bijzondere manier in de kijker en toont dat Brugge meer is dan een chocoladestad.'

Bron artikel en foto: De Standaard

Vocatio2

Sixtine d'Ydewalle figure cette année parmi les dix-neuf lauréats de la Fondation VOCATIO.

Fille de Gauthier d’Ydewalle et de Pascale Govers, Sixtine est chercheuse en théorie du droit et en théorie politique à l'UCLouvain.
Diplômée de droit et de philosophie de Yale Law School, de l'UCLouvain et de la KULeuven, elle est aspirante FNRS et effectue sa thèse de doctorat sur "La théorie et la pratique de la démocratie directe communaliste". 

SSixtine a accepté de nous communiquer une courte présentation de sa thèse, que sa bourse VOCATIO lui permettra d'approfondir par un séjour de recherche à l'Université d'Edimbourg.

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Des artistes, chez les d’Ydewalle, ils ne sont pas rares. Pour s’en convaincre, il suffit d’admirer les sculptures très inspirées de Liévin. Ou les créations à la fois somptueuses et originales d’Augustin. Ou les peintures pleines de fleurs et d’arabesques de Véronique. Ou les toiles animalières tellement réalistes de Marina. Ou les photographies fortes et vraies de Natacha. Et il doit y en avoir d’autres que j’oublie.
N’oublions pas non plus qu’avant eux, il y avait les peintures symbolistes de Georgette et, encore, le style littéraire inimitable de Charles. Ce furent des précurseurs en quelque sorte car avant eux, les d’Ydewalle avaient été beaucoup plus sages, trop sages sans doute. Alors quand Hugues a eu la gentillesse de m’inviter à parler de mes compositions photographiques, dans ces pages, je me suis réjoui à l’idée d’allonger la liste. 

Pour moi, l’art est venu tard après une carrière professionnelle dans le monde des médias. Cela a commencé par une fascination pour la technique. Je voulais comprendre ces mystérieuses machines qui peuvent capturer des images. Je voulais appréhender les principes rigoureux de l’optique, explorer les jeux infinis de la lumière, découvrir les règles fondamentales de la composition. Bref, j’ai d’abord été plus pratique que poétique. Ce n’est qu’après que le besoin de créer est né.
Au terme de mon apprentissage en simple autodidacte, je me suis demandé que photographier. Quel sujet pour mes photos ? J’ai pensé : des livres ! Car mon goût de la lecture est venu tôt, alimenté plus tard par mes études de philosophie. Depuis longtemps, un livre me semble être un objet presque sacré. Une incroyable promesse de sens, d’invention et d’émotions. Peut-être ai-je été marqué par le souvenir de la bibliothèque de mon affectionné grand-père Charles au Peereboomveld. Cela me semblait être le plus bel endroit au monde. Quoiqu’il en soit, abordant la cinquantaine, la possibilité de consacrer une année sabbatique à la photographie se présente et je la saisis. Il me paraît soudain essentiel de savoir ce dont je pourrais être capable en faisant le mieux du mieux que je peux. En tentant d’être professionnel dans cette toute nouvelle activité, on verra bien ce que l’on verra bien. D’arrache-pied, mois après mois, je travaille. D’abord avec une chambre technique grand format (vous savez, ces appareils photos en accordéon), donc en argentique. Bientôt, j’accepte le renfort de la technique numérique et celui d’incroyables logiciels.

Lorsque je commence un projet photographique, c’est l’étude et la lecture qui me prennent le plus de temps. Car chacune de mes compositions a pour sujet une œuvre importante de la littérature, de la poésie ou de la philosophie. Pour exprimer ce qu’il y a d’essentiel dans ces livres, il faut d’abord bien connaître l’œuvre et son auteur. Il faut aussi comprendre le contexte historique ou psychologique dans lequel le livre a été écrit. Il faut lire les analyses et les critiques qui ont été écrites au sujet de l’œuvre en question. Une fois acquise une forme d’intimité avec le roman, le recueil de poésie ou l’essai philosophique, un lien empathique avec le livre en tant qu’objet peut apparaître. Comme si le livre était une personne de chair et d’os que l’on rencontre et dont il s’agit de faire le portrait, de dévoiler l’âme. Il faut alors créer un langage qui puisse donner une expression formelle à la pensée contenue dans le livre.
Le vrai sujet de ma photographie n’est pas l’objet fait de papier imprimé mais bien le texte qu’il contient. C’est le travail du plasticien qui consiste à inventer une forme qui contient assez d’énergie pour susciter une émotion. Et c’est tout autant le travail de l’artiste conceptuel qui doit donner du sens à cette forme. Le plus de sens possible. Dans mes photographies, aucun élément n’est fortuit. Tout est porteur d’une signification. Plutôt à contre-courant de ce qui domine dans l’art contemporain, mes photographies n’ont pas vocation à être interprétées par le spectateur. Chacune d’elle s’accompagne d’un commentaire d’artiste qui la complète. Mon objectif consiste à mettre sur le même pied l’émotion et la réflexion, à les rendre indissociables dans une même expérience. 

Un jour, il a fallu sortir de ma coquille. Montrer mes œuvres. Et j’ai eu de la chance. Très vite, une exposition a eu lieu au Musée Wittockiana à Bruxelles. Elle a rencontré un beau succès. Entendre les réactions enthousiastes des visiteurs a été une expérience formidable. J’ai découvert que l’art suscite l’amour. Littéralement, certaines personnes peuvent tomber amoureuses de certaines œuvres d’art. Quel plaisir, quelle émotion, quel honneur pour l’artiste quand cela arrive !
Parmi les visiteurs de l’exposition, une galerie d’art brésilienne a remarqué et apprécié mon travail. Cela fait maintenant plusieurs années qu’elle présente mes photographies à Sao Paulo, Brasilia, Rio de Janeiro, Belo Horizonte. Et puis à Miami, Bâle … Aujourd’hui, plusieurs de mes œuvres sont entrées dans la collection de musées. Dont le magnifique Museu de Arte do Rio (MAR) où des dizaines de milliers de visiteurs ont pu voir plusieurs de mes photographies. Collectionneurs importants ou simples amateurs semblent apprécier mon travail. Je ne saurais trop les en remercier car ils m’encouragent à continuer l’aventure.
Peu importe que le succès rencontré soit modeste ou plus notable, qu’il soit éphémère ou qu’il dure un peu, la rencontre avec l’art demeure une expérience humaine magnifique. Avoir la possibilité de s’y consacrer un peu ou beaucoup constitue une véritable chance dans une vie. 

Chers d’Ydewalle, si la création vous tente, n’hésitez pas trop. Rejoignez-nous. 

Gauthier d’Ydewalle

www.gauthierdydewalle.com
www.facebook.com/gauthier.dydewalle

 

« Freud, Zur psychopathologie des alltagsleben »
Gauthier d’Ydewalle

2015

7 tirages + 2 épreuves d’artiste au format 120 x 120 cm
1 tirage unique au format 150 x 150 cm

 H1 90

Sigmund Freud fait une démonstration claire de l’existence de l’inconscient dans « La psychopathologie de la vie quotidienne ». Oublis de noms et de mots, lapsus et erreurs de lecture, méprises, actes manqués et maladresses. Freud entreprend de décrypter le sens de ces manifestations de pulsions refoulées qui révèlent nos intentions inconscientes. Ses analyses lui font apercevoir les méandres compliqués des chemins de l’inconscient. Très sûr de sa supériorité intellectuelle, il s’affirme en maître du labyrinthe de l’inconscient. C’est pourquoi il apparaît en Minotaure dans la photographie. Le Minotaure est le rejeton du taureau divin offert par Poséidon au Roi Dédale et de la reine Pasiphaé. Fruit monstrueux d’une sexualité perverse, le Minotaure rassemble par l’esprit les pulsions fondatrices de son père et les motivations humaines de la psyché incarnées par sa mère. La culture classique de Sigmund Freud le portait à puiser dans la mythologie antique pour former ses concepts. Le voici lui-même transfiguré en fonction de ce procédé. Dans ce livre, Freud admet volontiers qu’il exploite ses propres expériences pour en extrapoler des théories. L’identification de sa personne avec un Minotaure est d’autant mieux justifiée. Subir l’analyse freudienne est une épreuve de vérité salutaire. Mais elle est aussi éprouvante, effrayante, peut-être dangereuse. Il faut le courage de Thésée pour oser pénétrer dans le labyrinthe de l’inconscient. Le passage de l’implicite à l’explicite, de l’inconscient à l’analyse, rend visible le chemin qui mène à la sortie du labyrinthe. Tel un fil d’Ariane. Thésée devint ensuite Roi d’Athènes, la cité de la déesse de la sagesse. Dans la photographie, le livre est mis à nu. Sa couverture protectrice est arrachée. Il s’agit de voir ce qui est habituellement dissimulé. C’est bien ce dont il s’agit dans « La psychopathologie de la vie quotidienne ». L’image apparaît également inversée. La couleur naturelle des pages du livre et les teintes marrons des cornes bovines adoptent les nuances du bleu lorsque la photographie est à l’état de négatif. Cette inversion de l’image visible est une évocation du mécanisme de refoulement du conscient vers l’inconscient. La face du Minotaure paraît se pencher sur le spectateur. Les yeux sont formés par deux labyrinthes dont le dessin est caractéristique du style crétois. A l’image de ce que l’on peut observer sur différentes photographies de Sigmund Freud, le regard est froid, scrutateur, implacable. A noter que la réalisation des yeux du Minotaure est le produit d’une symbiose entre différents outils numériques. D’abord esquissés à la main, le dessin a été scanné avant d’être retravaillé par logiciel et imprimé en 3D. Le dessin devenu objet a finalement été photographié pour être intégré à la composition. 

 

« Borges, La Biblioteca de Babel »
Gauthier d’Ydewalle

2016

7 tirages + 2 épreuves d’artiste au format 80 x 129 cm
1 tirage unique au format 100 x 161 cm

 H2 90

Dans la nouvelle, Jorge Luis Borges parle d'une bibliothèque où tous les livres déjà écrits et à venir sont rassemblés. Une Tour de Babel est formée par deux exemplaires du texte complet de la nouvelle. Les bandes sont inversées en référence à l'usage de l'oxymore dans l'évocation de l'infini chez Borges. La totalité des livres est la totalité des potentialités de l'expression humaine. Voilà pourquoi la Tour évoque une double spirale d'ADN, en référence à la quasi-infinité des combinaisons génétiques. En écho à l'humanisme borgésien, la composition évoque également une silhouette humaine. Tous les livres, c'est tout l'Homme. La posture du colosse s'inscrit dans une attitude de défi, comme c'était le cas pour les constructeurs de la Tour de Babel qui prétendaient toucher le ciel ..."

 

 

« Dante, La Divina Commedia »
Gauthier d’Ydewalle
2013

7 tirages + 2 épreuves d’artiste au format 80 x 130 cm
1 tirage unique au format 100 x 162 cm

 H3 90

La Divine Comédie n’est au fond qu’un prétexte inventé afin que Béatrice puisse revivre dans l’esprit de Dante. Un chef-d’œuvre littéraire permet à son auteur de retrouver l’aimée disparue. Dans le récit, Béatrice est le guide spirituel de Dante quand il lui faut traverser le purgatoire. Voilà une allégorie choisie de sa propre existence. Enfer, Purgatoire, Paradis, les chapitres sont tournés en rouleaux pour délivrer une Vérité éternelle. La Divine Comédie a lieu dans l’éther noir et fermé du monde spirituel. Cet éther a naturellement pris la forme des cercles qui le composent. Le pauvre Dante est quant à lui perdu dans le monde matériel. Un monde voué au désir, rouge. Son itinéraire initiatique a pour enjeu la mise en communication entre le monde spirituel et le monde matériel. Parcourir l’enfer est glacial pour l’âme et c’est pourquoi le chemin est bleu. La route vers le paradis réchauffe ensuite au soleil jaune de Dieu. Entre Dante et Béatrice, point noir et point rouge, entre un sujet ouvert au divin et un objet de son désir, le lien prend la couleur verte de l’espoir. Car l’attente qu’impose le passage au purgatoire a pour vocation d’offrir la possibilité d’une espérance. Sans le purgatoire, l’idée de l’enfer et du paradis seraient spirituellement stériles et de leur confrontation ne résulterait qu’une aporie. Alors que le mélange du bleu et du jaune laisse apparaître le vert aux yeux de l’homme. Pour franchir le vide de l’éther et atteindre l’espace spirituel que constitue l’œuvre littéraire de Dante, il n’y aurait que le désir d’amour d’un homme pour une femme. Voilà pourquoi la circulation entre bas monde et au-delà prend soudainement la couleur écarlate du sang. Ces trois rubans de papier rouge placés dans ma composition photographique jouent un rôle essentiel. Dans un mouvement d’inversion s’équilibrent amour et foi, réalité et littérature.

 

« Melville, Bartleby »
Gauthier d’Ydewalle

2014

7 tirages + 2 épreuves d’artiste au format 150 x 150 cm
1 tirage unique au format 180 x 180 cm

 H4 90

Le métier de Bartleby consiste à copier des documents légaux. En réponse aux ordres de son employeur, il donne à chaque fois cette réponse devenue célèbre : « I would prefer not to ». Sans expression d’une volonté positive ou négative, par ce refus de dire oui ou non, Bartleby crée un vide dans le langage, un espace de totale indétermination. Melville n’évoque pas « une volonté de néant », pour reprendre les mots du philosophe Gilles Deleuze, mais bien « un néant de volonté ». Melville invente une nouvelle forme de langage qui exprime le zéro. Une « pure passivité patiente » comme dira Maurice Blanchot. Dans la photographie, les pages du texte forment une roue désespérément immobile au centre d’un fond blanc. Un immense zéro au centre du Rien. Une corde noire est placée à tous les endroits du récit où l’employeur de Bartleby, le narrateur, essaye de convaincre le copiste d’exprimer un choix autre que l’immobilité. Autorité, persuasion, menace, supplique, promesse, rien ne lui permet de faire bouger Bartleby. Tous ses efforts restent vains et la roue ne tourne pas, jusqu’à la mort du non-héros. En fonction de l’intensité des différents moments de tension entre Bartleby et son employeur, la traction fait incliner plus ou moins les cordes. Au plus grande est l’insistance, au plus fermé est l’angle entre la roue du livre et l’axe de la corde noire. Mais la force qui tire les cordes n’apparaît pas dans la photographie. La solitude de Bartleby demeure absolue. Au final, l’ensemble de la composition est une transposition fidèle, évidente, du schéma de l’œuvre représentée. Plus largement, c’est la démonstration qu’il existe une connexion fondamentale entre une expression littéraire et une expression plastique, entre un récit et un dessin, entre le langage et la forme quand il s’agit justement d’évoquer un au-delà du langage.

 

« Céline, Voyage au bout de la nuit »
Gauthier d’Ydewalle

2017

7 tirages + 2 épreuves d’artiste au format 120 x 120 cm
1 tirage unique au format 150 x 150 cm

 H5 90

L’écriture de Céline est un gigantesque monument. Mais c’est de l’avilissement des sentiments que provient la force colossale des mots. Le « Voyage au bout de la nuit » est comme une montagne molle, à la fois un sommet et un affaissement. Pour produire cet effet double, il a fallu photographier une page clé du roman afin d’en réaliser un tirage géant sur une toile souple de coton. A côté, une petite sphère translucide incarne la subjectivité de l’auteur. Sa couleur bleutée traduit la froideur nécessaire au cynisme. Elle n’est éclairée que par la lumière que produit la page géante. La sphère devrait rouler jusqu’au point de néant qui se trouve en bas du plan incliné. Mais elle est immobile. L’importance que Céline s’accorde à lui-même tient lieu de gravité et la sphère, corps mou invertébré, s’écrase pour s’immobiliser à mi-chemin du génie et du rien. Le socle rouge strié de lignes verticales communique à l’œuvre l’énergie que produisent les souffrances du temps, à savoir la guerre, la maladie, la misère. Mélange de sang et d’ombre. Nourriture du Voyage.

 

 

« Napoléon, Code civil »
Gauthier d’Ydewalle

2014

7 tirages + 2 épreuves d’artiste au format 120 x 120 cm
1 tirage unique au format 150 x 150 cm

H6 90

A Sainte-Hélène, Napoléon Bonaparte songeant à sa postérité pour les siècles à venir, exprima une intime conviction : « Ma vraie gloire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires ; ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code Civil ». La composition souligne le contraste entre l’aspect modeste d’une vieille édition abimée du livre, au centre, et la figuration de quarante sphères dorées à l’or fin représentées en périphérie de l’image. Elles évoquent à la fois les batailles gagnées et le développement économique que le Code civil français a favorisé. A un premier degré, la composition évoque une cible militaire. Mais il y a ce double aspect lorsque l’on fait l’inventaire de ce que Napoléon a réellement laissé après lui : gloire et prospérité. Lorsqu’il revient d’Egypte, Bonaparte n’aurait jamais pu conquérir le pouvoir sans l’appui de la haute finance. Le coup d’état du 18 Brumaire annonce la domination de la bourgeoisie à la fois sur l’aristocratie et sur le peuple. L’Empereur n’aura de cesse de satisfaire les banquiers à qui il doit tout. Le 19ème siècle qui commence sera bien celui du capitalisme brutal et triomphant. Il y a un second degré de compréhension de la photographie. Le Code Napoléon aborde trois aspects du droit évoqués par trois cercles : les personnes, les propriétés, les transactions. Le centre diffuse une clarté dirigée vers les bords de la photographie en référence à la fonction civilisatrice de l’ouvrage. Ce mouvement radial rappelle que le Code Napoléon a servi de source unique en matière de droit civil, contrairement au Common Law qui est basé sur la jurisprudence. Le livre communique par un triangle isocèle au premier cercle quand il s’agit de l’individu. Deux piliers obliques annoncent le second cercle quand il s’agit de la protection des biens. Quatre piliers larges soutiennent le troisième cercle quand il s’agit de transactions créatrices de richesses. Le dernier cercle est prolongé en appui sur les bords de l’image en référence à la propagation du Code au-delà des frontières de la France. 

-> Lien vers le sommaire du Bulletin n°32

Des artistes, les d’Ydewalle ? Pourquoi pas !

Gauthier d’Ydewalle

Des artistes, chez les d’Ydewalle, ils ne sont pas rares. Pour s’en convaincre, il suffit d’admirer les sculptures très inspirées de Liévin. Ou les créations à la fois somptueuses et originales d’Augustin. Ou les peintures pleines de fleurs et d’arabesques de Véronique. Ou les toiles animalières tellement réalistes de Marina. Ou les photographies fortes et vraies de Natacha. Et il doit y en avoir d’autres que j’oublie. N’oublions pas non plus qu’avant eux, il y avait les peintures symbolistes de Georgette et, encore, le style littéraire inimitable de Charles. Ce furent des précurseurs en quelque sorte car avant eux, les d’Ydewalle avaient été beaucoup plus sages, trop sages sans doute. Alors quand Hugues a eu la gentillesse de m’inviter à parler de mes compositions photographiques, dans ces pages, je me suis réjoui à l’idée d’allonger la liste.

Pour moi, l’art est venu tard après une carrière professionnelle dans le monde des médias. Cela a commencé par une fascination pour la technique. Je voulais comprendre ces mystérieuses machines qui peuvent capturer des images. Je voulais appréhender les principes rigoureux de l’optique, explorer les jeux infinis de la lumière, découvrir les règles fondamentales de la composition. Bref, j’ai d’abord été plus pratique que poétique. Ce n’est qu’après que le besoin de créer est né. Au terme de mon apprentissage en simple autodidacte, je me suis demandé que photographier. Quel sujet pour mes photos ? J’ai pensé : des livres ! Car mon goût de la lecture est venu tôt, alimenté plus tard par mes études de philosophie. Depuis longtemps, un livre me semble être un objet presque sacré. Une incroyable promesse de sens, d’invention et d’émotions. Peut-être ai-je été marqué par le souvenir de la bibliothèque de mon affectionné grand-père Charles au Peereboomveld. Cela me semblait être le plus bel endroit au monde. Quoiqu’il en soit, abordant la cinquantaine, la possibilité de consacrer une année sabbatique à la photographie se présente et je la saisis. Il me paraît soudain essentiel de savoir ce dont je pourrais être capable en faisant le mieux du mieux que je peux. En tentant d’être professionnel dans cette toute nouvelle activité, on verra bien ce que l’on verra bien. D’arrache-pied, mois après mois, je travaille. D’abord avec une chambre technique grand format (vous savez, ces appareils photos en accordéon), donc en argentique. Bientôt, j’accepte le renfort de la technique numérique et celui d’incroyables logiciels.

Lorsque je commence un projet photographique, c’est l’étude et la lecture qui me prennent le plus de temps. Car chacune de mes compositions a pour sujet une œuvre importante de la littérature, de la poésie ou de la philosophie. Pour exprimer ce qu’il y a d’essentiel dans ces livres, il faut d’abord bien connaître l’œuvre et son auteur. Il faut aussi comprendre le contexte historique ou psychologique dans lequel le livre a été écrit. Il faut lire les analyses et les critiques qui ont été écrites au sujet de l’œuvre en question. Une fois acquise une forme d’intimité avec le roman, le recueil de poésie ou l’essai philosophique, un lien empathique avec le livre en tant qu’objet peut apparaître. Comme si le livre était une personne de chair et d’os que l’on rencontre et dont il s’agit de faire le portrait, de dévoiler l’âme. Il faut alors créer un langage qui puisse donner une expression formelle à la pensée contenue dans le livre. Le vrai sujet de ma photographie n’est pas l’objet fait de papier imprimé mais bien le texte qu’il contient. C’est le travail du plasticien qui consiste à inventer une forme qui contient assez d’énergie pour susciter une émotion. Et c’est tout autant le travail de l’artiste conceptuel qui doit donner du sens à cette forme. Le plus de sens possible. Dans mes photographies, aucun élément n’est fortuit. Tout est porteur d’une signification. Plutôt à contre-courant de ce qui domine dans l’art contemporain, mes photographies n’ont pas vocation à être interprétées par le spectateur. Chacune d’elle s’accompagne d’un commentaire d’artiste qui la complète. Mon objectif consiste à mettre sur le même pied l’émotion et la réflexion, à les rendre indissociables dans une même expérience.

Un jour, il a fallu sortir de ma coquille. Montrer mes œuvres. Et j’ai eu de la chance. Très vite, une exposition a eu lieu au Musée Wittockiana à Bruxelles. Elle a rencontré un beau succès. Entendre les réactions enthousiastes des visiteurs a été une expérience formidable. J’ai découvert que l’art suscite l’amour. Littéralement, certaines personnes peuvent tomber amoureuses de certaines œuvres d’art. Quel plaisir, quelle émotion, quel honneur pour l’artiste quand cela arrive ! Parmi les visiteurs de l’exposition, une galerie d’art brésilienne a remarqué et apprécié mon travail. Cela fait maintenant plusieurs années qu’elle présente mes photographies à Sao Paulo, Brasilia, Rio de Janeiro, Belo Horizonte. Et puis à Miami, Bâle … Aujourd’hui, plusieurs de mes œuvres sont entrées dans la collection de musées. Dont le magnifique Museu de Arte do Rio (MAR) où des dizaines de milliers de visiteurs ont pu voir plusieurs de mes photographies. Collectionneurs importants ou simples amateurs semblent apprécier mon travail. Je ne saurais trop les en remercier car ils m’encouragent à continuer l’aventure. Peu importe que le succès rencontré soit modeste ou plus notable, qu’il soit éphémère ou qu’il dure un peu, la rencontre avec l’art demeure une expérience humaine magnifique. Avoir la possibilité de s’y consacrer un peu ou beaucoup constitue une véritable chance dans une vie.

Chers d’Ydewalle, si la création vous tente, n’hésitez pas trop. Rejoignez-nous.

Gauthier d’Ydewalle

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Eté 1961, une grande curiosité s'empare des habitués du Krolleput : il va s'y tourner un film ! Un film de cape et d'épée, apprend-on, "La Salamandre d'Or" dont certains extérieurs seront également tournés dans le vieux Bruges.

Le thème ? Le roi de France François Ier a été capturé par Charles Quint lors de la bataille de Pavie, en février 1525. Louise de Savoie, mère du roi, charge le chevalier Antoine de Montpezat, fidèle compagnon de François Ier, de rassembler la rançon exigée en échange de la liberté de son fils et de se rendre à Madrid pour la remettre à Charles Quint. Montpezat va devoir déjouer moult pièges tendus par un vilain seigneur qui cherche à s’emparer du trône. Comme il se doit, la finale se clôture en beauté : Antoine va épouser sa bien-aimée, elle-même fille de ce méchant seigneur …

G Krolleput Jean Claude Pascal

Les protagonistes ? Jean-Claude Pascal (Montpezat), genre bellâtre qui s'évertuait à crisper sa lèvre supérieure pour faire apparaître une denture Pepsodent à chaque fois qu'il souriait ; Valérie Lagrange (fille du méchant seigneur), dotée de certains avantages de pile comme de face, surtout de face, telle une Brigitte Bardot en herbe !

G Krolleput Tournage Salamandre dOr

Et le Krolleput de connaître une certaine affluence de nageurs-cinéphiles. Le temps passe, on tourne quelques scènes de chevauchées. Puis tout à coup, grosse déception lorsqu'on annonce que tous sont priés de vider les lieux car, dans la scène suivante, Valérie Lagrange va se baigner dans le plus simple appareil.

Résignés, tous s'en retournèrent. Tous, sauf un trio d'irréductibles : Eliane de Failly, encore de Brouwer à l'époque ; sa sainte sœur Dicky, restée de Brouwer puisque devenue moniale bénédictine plus tard ; votre serviteur, dix-neuf ans tout juste. Bien vite, un plan de bataille fut dressé : nous irions nous dissimuler derrière les buissons, de l'autre côté de l'étang, pour espérer pouvoir admirer la pucelle en tenue d'Eve. Soixante ans se sont écoulés et malgré une mémoire défaillante, je jurerais que c'est Eliane qui eut cette idée lubrique !

Pour immortaliser une scène que nous espérions inédite, j'avais avec moi un Leica équipé d'un téléobjectif suffisamment puissant pour obtenir une bonne image, malgré la distance.

Embusqués, parfaitement invisibles, nous attendîmes avec patience que quelque chose se passe. Et la chose se passa : après avoir laissé tomber négligemment une grande cape noire sur le sable, la belle s'avança dans l'eau, avec grâce et non sans langueur ...

Pour ceux qui ne visualiseraient pas bien la scène, rappelons que la caméra se trouvait sur la plage et filmait donc l'actrice de dos. Pudeur oblige, je crois que dans le film, on ne montre que le haut du dos. Tandis que pour le trio d'en face, le temps qu'elle entre totalement dans l'eau, le spectacle était tout autre. Clic, clac et re-clic, je pris quelques photos que nous pensions croustillantes.

Mal nous en prit ! Quelques jours plus tard, après être allé chercher le film imprimé, je constatai que la scène du bain n'apparaissait sur aucune photo ... rien, schnoll, nada ! Que s'était-il passé ? Dans ma hâte, j'avais tout simplement oublié de régler correctement la parallaxe !

Pour les non-initiés, la correction de la parallaxe consistait à faire coïncider les deux axes de vue, l'un du viseur l'autre de l'objectif, indépendants l'un de l'autre, ceci tenant compte de la focale utilisée et de la distance du sujet.

Il y avait bien des photos du Krolleput mais cadrées sur toute autre chose, les broussailles derrière lesquelles nous nous étions embusqués masquant partiellement la rive d'en face ...

G Krolleput Valerie Lagrange

La morale de cette histoire ? Nous étions punis par où nous avions péché ...

PS : Quant à l'origine du mot "Krolleput", par rapport à ce qu'écrit Damien de Failly, je pencherais plutôt vers une origine plus prosaïque, telle que je l'ai gardée en mémoire. "Krolleput" viendrait de "Krollebol", le surnom affectueux donné aux Joseph d'Ydewalle, propriétaires dudit "Krolleput" et dotés d'une chevelure généreusement crollée.

Nicolas d'Ydewalle

Légende des photos 
(1) Jean-Claude Pascal et les chevaux au repos après une longue journée de cavalcade.
(2) Le tournage au Krolleput, suivi par quelques spectateurs assidus. 
(3) Rhabillée, Valérie Lagrange se sèche les cheveux après sa baignade dans l'étang.

-> Lien vers le sommaire du Bulletin n°32

Jabbeke

Il n'était guère aisé, dans les années 1945/1960, de se baigner lors d'étés un peu chauds. Bien sûr, les parents nous amenaient souvent à la plage de Blankenberge. Chez nous à Varsenare nous disposions d'un fossé où stagnaient des eaux de drainage et des grenouilles. Si on pouvait s’y rafraichir, on en sortait avec de la boue de la tête aux pieds.
Cet épisode n'a fort heureusement pas duré car après avoir habité Bruges, oncle Thierry et tante Hélène avaient trouvé une maison à Jabbeke, coincée entre le chemin de fer et le canal Bruges-Ostende.
Dès l’été chaud de 1947, je n’ai plus eu à patauger dans ce fossé à grenouilles. Je suivis mon frère André à vélo jusqu’à Jabbeke, car là il y avait un véritable étang.

F Juillet 1948 enfants de Failly R LD

André de Failly sur le radeau, Nicolas dans la barque en bois - Guily Verhaegen- François et Damien de Failly - Hélène et son fils Serge

La règle voulait qu'on ne pouvait y plonger avant tante Hélène. Après les jeux nautiques de Nicolas et Serge, l’eau avait perdu toute sa clarté cristalline pour devenir plus foncée. Les boues et les algues troublaient l'eau, la rendant aussi malodorante. Malgré tous ces inconvénients, l'espace m'a permis d'apprendre à nager par moi-même.
Il y avait de nombreux poissons dans les profondeurs, dont parmi les plus spectaculaires des brochets et des anguilles. L'oncle Thierry plaçait des nasses pour pêcher cette vie sous-marine, mais j'ignore s'il en mangeait.

Le « Krolleput »

Vers 1954 circula un mot mystérieux, sorte de "mot-de-passe" : " Krolleput". Une étrangeté dans le pays et dans notre vocabulaire. "Put" se prononçait "peut" ou "pette", c'était selon les familles. Mais je ne vais pas m'attarder sur l'étymologie de cette dénomination, laissant cela à quelques linguistes du cru.
Toute la cousinade de Bruges fréquentait cet étang providentiel. L'eau y était claire, le fond sableux comme les abords, pas d'algues traitresses ni de boues putrides. Quelques arbustes et genêts suffisaient pour nous déguiser en nageurs et nageuses.
Le site était sur la propriété de notre oncle Joseph <d’Ydewalle> et notre tante Louise (dite Loulou).
C'est l'après-midi vers 15 heures que le rendez-vous sonnait. De toutes les maisons d'Ydewalle et autres de Bruges venaient les cousins, les cousines et les amis pour s'y baigner. Bien éduqués, nous restions tous très polis.
Souvent je m'y rendais le matin, il n'y avait personne. Ensuite l'après-midi et encore le soir. Mon frère François avait décidé de s'y rendre selon ce rythme, le plus tard possible en saison. Il avait tenu le coup jusqu'à mi-octobre. Il était prêt à continuer mais mon père l'en a dissuadé.
Nous avons ainsi fait connaissance de cousins et cousines ainsi que d'amis brugeois. Par la suite nos après-midis se passaient sur le tennis de Varsenare et ensuite sur d'autres terrains. Nous avons organisé des tournois entre plusieurs tennis. Ce qui valut des courses (modérées) en voitures d'un terrain à l'autre.
L'âge venant, les distances se sont allongées, les mariages se sont succédé et chacun est parti vers des horizons différents.
Voilà ce que je sais du Krolleput, aujourd'hui envahi de végétations au point de devenir un marécage impraticable à la natation.

Damien de Failly
Octobre 2020

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Mes parents ont habité la maison du gouverneur à Bruges de fin 1944 à 1979.
Tous leurs enfants y ont grandi.

E Souvenirs Axel1 R

Géry, Didier, Carlos, Roselyne, Amaury, papa, Bertil, Axel,
Mamy, Pascale, Coninne, Sybille, Danielle, Hubert, Danielle

Habiter une demeure aussi imposante est devenu difficilement acceptable.
Un des salons devait avoir environ la superficie de la maison que j’habite actuellement….
Il y avait tout un parcours pour accéder de l’extérieur de la maison au salon du premier étage.
Nous descendions à la cave, remontions au rez-de chaussée et de là au premier.
Pour ma mère, handicapée, cela ne devait pas être évident.
Elle ne se plaignait pourtant pas. A cette époque il était inconvenant de se plaindre. Cela ne se faisait pas.

La cuisine se trouvait à la cave et ce n’est que bien plus tard qu’elle a été aménagée au premier étage et qu’un ascenseur a été placé.

Depuis la cuisine les plats étaient envoyés à la salle à manger du 1er étage par un monte-charge, manié au moyen d’un jeu de cordes. Le parcours était long et le résultat était que les plats arrivés à destination étaient bien souvent froids.

E Souvenirs Axel2

Bertil, Géry, Carine, Roselyne, Danielle, Axelle

Le soleil était le grand absent de cette maison. Il faisait presque partout sombre.

Cette maison demandait beaucoup d’entretien. Il y avait pratiquement en permanence un ou plusieurs ouvriers.

Heureusement le personnel était abondant.
Je me souviens particulièrement de Joseph, Alfred, Arsène et Dominique.
Joseph s’occupait du chauffage, à l’époque au charbon. Je n’ai jamais très bien su quelles étaient ses autres fonctions. J’ai toujours soupçonné qu’il se reposait beaucoup, sans jamais savoir où.
Alfred nous servait à table avec des gants blancs et en jaquette.
Arsène lui a succédé sans gants et sans jaquette. Il était d’un dévouement sans faille. Le pauvre ne semblait pas trop souffrir de l’autorité de mon père mais il était certainement écrasé par celle de sa femme.
Dominique était le plus drôle. Il avait des tas d’anecdotes à nous raconter sur la famille Baels qui nous avait précédés. Il nous racontait par exemple qu’il nettoyait uniquement le côté de l’auto par où Monsieur Baels entrait.
Ce personnel était proche de la famille. Il avait une belle vie, pas trop de travail et pas de stress.
Papa régnait avec autorité sur ce personnel et sur ses enfants. A l’époque l’autorité n’était jamais contestée. Contester l’autorité était inconcevable. Ma mère rendait certainement la discipline moins rigoureuse.
A la grande satisfaction de mes plus jeunes frères, il y eut au fil du temps un sérieux assouplissement des contraintes. Ce ne fut pourtant jamais la débandade. Nous n’avons pas connu mai 68.

E Pierre gouverneur5Côté distraction nous avions un jardin pour nous défouler. Un jardin aussi grand au centre de Bruges est exceptionnel. Comme la plupart des enfants à cette époque nous n’avions pas beaucoup de jouets. Par contre nous invitions beaucoup nos cousins. J’ai eu d’interminables parties de ping-pong avec Beaudouin d’Ydewalle et François Kervyn.

J’ai gardé en mémoire avoir commis quelques bêtises.
Ainsi je me rappelle avoir enfermé mes trois sœurs et oublié de les délivrer. Pas drôle la réaction des sœurs et encore moins celle des parents. Ces derniers pardonnaient heureusement rapidement mes écarts.

Les réceptions au gouvernement étaient fréquentes.
Mes parents recevaient beaucoup de personnalités, entre autre : le roi Baudouin et la reine Fabiola, la reine Elisabeth d’Angleterre et Churchill…
Je me souviens en particulier de la visite de Churchill. Il était impressionnant. C’est le seul de toutes ces personnalités qui m’a fait un cadeau, cadeau que j’ai gardé précieusement.

Au Nouvel An il y avait chaque année une réception pour ceux qui avaient pignon sur rue à Bruges ou ses environs. Beaucoup de jeunes venaient pour mes parents mais certainement aussi pour mes sœurs.
Par manque de combattants ces réceptions ont été annulées une fois mes sœurs mariées.

Mes parents ont quitté le gouvernement en 1979 pour s’établir au Holmstuck à Saint-André.
Depuis leur départ, le palais gouvernemental est resté désespérément vide. Apparemment plus personne n’est pressé d’y habiter. Tout a une fin.


Axel d’Ydewalle

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Qui se souvient de la crise des Fourons ?

J’ai retrouvé tout à fait par hasard un ancien Knack (1987) parlant de papa, Pierre d’Ydewalle, et cela dans le contexte de son rôle de médiateur lors de la crise des Fourons …

Qui se souvient de la crise des Fourons ?
Très brièvement.
En 1963 la frontière linguistique est fixée : les communes de Mouscron et Comines - bien que situées en Flandre Occidentale - deviennent des municipalités francophones avec facilités pour les néerlandophones et sont transférées direction province du Hainaut. En compensation la région des Fourons – bien que située dans la province de Liège – devient officiellement néerlandophone avec facilités pour la communauté francophone, et la région est transférée à la province du Limbourg.

A la suite une « guerre linguistique » fut déclenchée. José Happart (le nom vous dit encore quelque chose ?) mena « l’Action Fouronnaise » et la liste « Retour à Liège ». Les querelles remontaient régulièrement au sommet. D’ailleurs elles ont causé la chute du gouvernement Martens VI en octobre 1987.
Heureusement que depuis lors telles querelles se sont apaisées.
Et peut-être que Papa a pu y apporter un petit grain de sable.

Bertil van Outryve d’Ydewalle

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Landmannen onder elkaar
Pierre van Outryve d'Ydewalle

Portret door Eric Van Hove (Knack – 21 januari 1987)

D Pierre Landmannen1De godsvrede die in oktober van vorig jaar inzake Voeren werd afgekondigd, loopt stilaan ten einde, en daarmee ook de bemiddelingsopdracht waarmee de 74-jarige Pierre van Outryve d'Ydewalle door de regering werd belast. Het moment nadert waarop hij zijn huiswerk aan de nieuwe minister van Binnenlandse Zaken, Joseph Michel, zal moeten overhandigen. Dat wordt vrijwel zeker een dubbel werkstuk : een aantal aanbevelingen die er moeten toe leiden om de verstandhouding in de Voerense gemeenschap opnieuw in redelijke banen te brengen en een wellicht meer konfidentieel deel, waarin een strategie wordt uitgewerkt naar de gemeenteraadsverkiezingen van 1988 toe. 

Vooral dat laatste blijkt een klus naar de hand van een routinier zoals Pierre d'Ydewalle, die een groot deel van zijn carrière goeverneur van West-Vlaanderen is geweest. Het is daarom interessant om even na te gaan welke kijk op de institutionele problemen deze grand commis de l'Etat in de loop der jaren wereldkundig heeft gemaakt.

Wie Pierre d'Ydewalle wil begrijpen, moet niet in de Brusselse Wetstraat zijn. Men moet hem zien in de dreef van zijn prachtige landgoed Holmstuck, zo'n vijf kilometer ten zuiden van Brugge. Op een boogscheut van de bekende abdij van Zevenkerke en in de streek van 't Veld, waar zijn overgrootvader Emmanuel-Louis van Outryve in 1798 verbeurd verklaarde abdijgrond verwierf.

Als een man zoals Pierre d'Ydewalle zo'n moeilijke opdracht accepteert, zoals het uitwerken van een oplossing voor Voeren, doet hij dat vanzelfsprekend vanuit een heel eigen achtergrond. Niet dat hij vertrouwd was met de lokale toestanden in Voeren — bij zijn eerste kontakt verwonderde het hem dat zoveel mensen van de Retour à Liège-groep behoorlijk Nederlands spreken —, maar tegenover de belangrijkste auteurs in dit blijspel heeft hij toch wel een bepaalde grondhouding.

Zo zal hij de Limburgse goeverneur Harry Vandermeulen zeker geen strobreed in de weg leggen. Een man die zelf gedurende 34 jaar gouwheer is geweest, kan respekt opbrengen voor het ambt. Pierre d'Ydewalle citeerde overigens altijd graag het woord van zijn politieke „patron", Hubert Pierlot, die zich in 1934 als minister van Binnenlandse Zaken tot volgende uitspraak liet verleiden : Naast administratieve eigenschappen moet de goeverneur ook de kwaliteiten van een bewindsman hebben. Zijn politieke zin (...) moet het overwicht hebben. (...) De bewindsman moet de voorrang hebben op de ambtenaar, wat geenszins het ontzag voor de regels van de hiërarchie en het staatsgezag uitsluit."

Bij het afscheid als goeverneur in 1978 citeerde Pierre d'Ydewalle deze beginselverklaring van Pierlot uitvoerig. En hij voegde eraan toe : „Eigenlijk komt het erop neer dat de goeverneur zelf de inhoud van zijn ambt bepaalt, wat hem des te gemakkelijker valt daar de funktie wel zeer uitzonderlijk is..."

Maar Pierre van Outryve d'Ydewalle is zeker ook een man die van orde en gezag houdt, en die onwettelijke toestanden niet eindeloos wil zien aanslepen. „Geen enkele maatschappij kan bestaan zonder gezag. Ons gemeenschapsleven veronderstelt een regeling, door iedereen aanvaard, waarvan de inbreuk moet beteugeld en de overtreding moet bestraft worden. (...) Een ordelijk en rustig samenleven hangt ervan af .

Dit geschrift uit 1961 mag al een zekere waarschuwing inhouden voor een bepaalde fruitkweker uit Voeren. De opvattingen die d'Ydewalle in zijn lange carrière over het burgermeesterschap heeft verkondigd, zouden hem tot nog meer behoedzaamheid moeten aansporen. José Happart zal inderdaad met belangstelling vernemen dat Pierre d'Ydewalle eigenlijk altijd een voorstander is geweest van het benoemen van burgemeesters buiten de gemeenteraad. De burgemeesters zouden in de toekomst liefst niet meer worden verkozen, doch wel rechtstreeks bij Koninklijk Besluit worden benoemd," heette het in 1971. „Sommigen zullen zo'n benoeming als ondemokratisch doodverven, net alsof het een summum van demokratie zou zijn om alle openbare funkties aan verkiezingen te onderwerpen. (...) Hoofdzaak blijft dat de rechtvaardige wil van de meerderheid binnen het kader van de door grondwet en wet vastgelegde regels tot uiting komt."

Familie en traditie

Daaruit mag dan weer niet worden afgeleid dat hij geen eerbied zou hebben voor de gemeentelijke autonomie. Als er één tema door zijn verzamelde toespraken loopt, is het wel dat van de door hem zo gekoesterde kleine gemeente. In 1953 sprak hij lyrisch over de gemeente als lokale gemeenschap, niet als een administratief gemeentehuis. Ook al besefte hij later wel dat een en ander ook politiek-administratief moest worden vertaald. Hij citeerde in dat verband graag een tekst uit 1891, die zegt dat de gemeente de basis is van de staat, die op zichzelf niet meer is dan een verzameling van gemeenten.

Pierre d'Ydewalle in 1970 : „Laat het onze opmerkzaamheid niet ontgaan dat de gemeente ouder is dan de provincie en a fortiori ouder dan de staat. Van al onze instellingen staat de gemeente het dichtst bij de bevolking en dat is bij haar materiële en morele uitbouw meer dan ooit het geval. Want de diensten die zij bewijst zijn voor de betrokkenen het best waarneembaar (...).

D Pierre Landmannen2

Pierre d'Ydewalle wil het Voerense probleem dus zeker van zijn politieke karakter ontdoen door de nadruk te leg­gen op wat er lokaal leeft. Voeren is toch al een traditionalistische gemeen­schap, waar de grote beslissingen van oudsher vanuit het kasteel van graaf de Sécillon werden geregeld. Die wist het machtssysteem in de streek pienter in stand te houden door middel van lokale steunpunten in de verschillende dor­pen : een hereboer zoals Dodemont in zijn grote hoeve in Sint-Martens-Voeren en iemand zoals Pinckaers, die tegelijk burgemeester was van Teuven en ge­meentesekretaris in Remersdaal en Sint ­Martens-Voeren.

Om tot de huidige situatie te komen, moet José Happart de kaarten in die ge­meenschap wel lelijk door elkaar hebben geschud, onder meer voor wat de door de Dodemont-clan geregelde opvolging van het burgemeesterschap betreft. Iets wat hem door de lokale pretendenten zeker niet in dank is afgenomen, even­min trouwens als zijn (recente) socialis­tische sympatieën en zijn bepaald niet paapse levenswandel.

Maar zolang Voeren een symbool blijft lijkt José Happart onaantastbaar. Maar allicht hopen ook de Pinckaers en de Langs dat die toestand niet eeuwig duurt. Zij zijn beslist niet vies van het geld dat Charles-Ferdinand Nothomb in de beruchte Wynants-nacht voor Voeren zou hebben beloofd. Een boer kiest eie­ren voor zijn geld, en met die centen kon er, bijvoorbeeld, iets worden gedaan aan de rampzalige toestand van het we­gennet in de gemeente, of kon er een oplossing worden gevonden voor het overstromingsgevaar in ‘s Graven-voeren.

Pierre van Outryve dYdewalle lijkt in Voeren wel een bevoorrechte getuige te zijn : ook van adellijken bloede is hij te­gelijk ook een echte terrien, met zin voor familie en traditie. De genealogie van de van Outryves zoals die door André Van­houtrive werd opgetekend, leert dat de eigen familietak van de médiateur van onverdacht landelijke oorsprong is. De familie werd in 1771 in de adelstand ver­heven. De van Outryves oefenen pas sinds twee eeuwen het leenrecht uit over de door hen gekochte seigneurie Yde­walle in Nederland. Hun opgang begon toen ene Jean-Baptist van Outryve zich in het midden van de l7de eeuw in Ooigem vestigde en er met de dochter uit een vermogende boerenfamilie trouwde. Vele generaties van Outryve zouden daarna in dorpen zoals Ooigem en Oostrozebeke als notabelen een sociale rol vervullen, schepen worden, baljuw of burgemeester. Maar ook de van Outryves die de landbouw verlieten en verstedelijkten hielden zich in hun be­roepsaktiviteiten aan tradities en waar­den, zoals zij dat ook in de eeuwen tevo­ren hadden gedaan, schrijft Vanhou­trive.

Wijlen Hubert d'Ydewalle, neef van Pierre en vader van GIMV-voorzitter Raynier van Outryve d'Ydewalle, heeft die aloude verbondenheid tussen adel en grond verwoord in zijn traktaat „No­blesse en Flandre", dat in 1944 postuum werd uitgegeven. Grond(eigendom) is daarin voor de d'Ydewalles niet alleen een ekonomisch-juridisch feit, maar in de eerste plaats een sociale en morele opgave van de adel tegenover het Vlaamse volk.

Die tekst stamt uit 1944, maar Pierre herinnert hem zeker nog. In zijn jeugd nam hij met zijn neef Hubert deel aan een soort diskussie- en leesgroep van vooral jonge vertegenwoordigers van de adel, die tot stand kwam na de publika­tie in het Vlaams Opvoedkundig Tijd­schrift van een geruchtmakend artikel van kanunnik De Coene, waarin werd gesteld dat de adelstand in Vlaanderen op enkele uitzonderingen na het volk sinds tientallen jaren had verraden. Pierre d'Ydewalle heeft die les onthou­den, en hij heeft in latere geschriften al­tijd veel aandacht gehad voor het lande­lijke gemeenschapsleven.

Misschien is dat ook de stille wens van de regering, dat d'Ydewalle met wat spitsvondigheden oktober 1988 en de gemeenteraadsverkiezingen haalt. In de hoop dat de oude, landelijke logika zich dan in Voeren herstelt. Dat ene Happart dan alleen maar voor wat dei­ning in de kikkerpoel heeft gezorgd.

H Janssen Pharmaceutica logoA l’invitation de notre cousin Constantin d’Ydewalle, 40 membres de notre Association familiale se sont retrouvés à Beerse, le samedi 12 octobre dernier, pour une très chouette découverte des laboratoires de recherche de l’entreprise pharmaceutique Janssen Pharmaceutica (Johnson & Johnson), où Constantin et son épouse Annelies officient tous deux en qualité de chercheurs.

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