Voici le portrait de ma grand-mère, Georgette d’Ydewalle, qui était artiste peintre et poétesse.

G9 Parents de Georgette dYdewalle
Elle est née Ryelandt, une famille gantoise qui compte de nombreux artistes. Elle épousa en 1927 mon grand-père, Charles d’Ydewalle, écrivain et grand-reporter qui a couvert toute l’actualité du XXème siècle  , très proche de la famille royale de Belgique.

Après avoir suivi les cours à l'Académie Royale des Beaux-arts de Gand, ma grand-mère voua toute sa vie à la peinture et à la poésie.
Le dictionnaire biographique ARTO, qui répertorie tous les grands artistes belges du XIXème et XXème siècle, lui réserve quelques lignes.

Son père, Vincent Ryelandt, avait un goût exquis pour les meubles et objets d’art. On disait de lui qu’il aurait dû être antiquaire. Sa maman, née Renée Hollanders d’Ouderaen, était citée comme la plus jolie femme entre Bruges et Gand, à son époque. Le frère de son père, Joseph Ryelandt, était compositeur, et a été anobli (Baron) par le Roi Albert 1er, pour ses compositions et créations.

Ma grand-mère a donc évolué dans un milieu artistique. Elle était la cadette des trois filles qu’eût ce couple magnifique, quasi-hollywoodien. Ils étaient issus de l’aristocratie flamande du début du XXème siècle, habitués à un style de vie traditionnel qui peut paraître désuet aujourd’hui.

G11 Charles Georgette 2cCharles et Georgette ont fait un mariage d’amour, bien assorti, entre un écrivain et une artiste au sens noble du terme.
Leurs vrais amis étaient ceux et celles qui leur ressemblaient, c'est-à-dire des écrivains et des peintres.

Mon grand-père Charles avait reçu le goût de la littérature de sa grand-mère, Marie-Virginie Aronio de Romblay, une femme de lettres fort intelligente, française d’origine génoise. Bernard d'Ydewalle a décrit la généalogie de cette famille sur ce site familial.
Mon grand-père était un grand ami de ma tante Hélène d’Ydewalle, née Princesse Obolensky - également une femme intelligente et cultivée - dont la famille avait fui la Révolution de Russie.
Les amitiés ne se font pas par hasard…mais ceux et celles qui se ressemblent s’assemblent dans et pour la vie.

Ma grand-mère a eu tous les prix d’élégance (au Zoute et ailleurs) et d’originalité, avec ce sens pointu de la beauté grâce à son hypersensibilité et à son bon goût.
G6Georgette d Ydewalle G6 georgette femme ternelleccElle avait reçu la grâce au berceau! Elle prononça une phrase - que je n’oublierai jamais et dont j’ai fait ma devise - au moment de mourir du cancer du foie qui la faisait atrocement souffrir au Peereboom, disant à mon père: «Tout est Grâce »…. Voilà l’état d’esprit de ma grand-mère : tout est grâce et tout est dans la beauté de Dieu.

Ma grand-mère était très mystique et fidèle servante de l’Ordre de Saint-François, en qualité de Tertiaire de l’Ordre.
Elle s’était tournée vers les religions d’Asie, plus tard dans sa vie, cherchant peut-être une vérité que l’on ne trouve jamais mais que l’on pressent et que l’on cherche toute sa vie.

J’ai rencontré il y a quelques années l'artiste Octave Landuyt. Il m’a montré une photo de ma grand-mère en tulle blanc, au milieu d'artistes flamands dont elle faisant la promotion. Elle donnait tout ce qu’elle pouvait pour aider les autres. Octave Landuyt m’en parle avec émotion, encore maintenant, et m’a révélé qu'elle avait pour surnom «nuage blanc», ce qui la résume bien aujourd'hui, au milieu des anges.
Car c’était un ange, sensible et fragile, seule en province, éloignée des raffinements qu’elle aurait pu connaître en ville.

G12Georgette d Ydewalle Kruisweg Oostkerke Ma grand-mère a été l’amie et la muse de Constant Permeke, entre Jabbeke et Saint-André.  Une chaleureuse collaboration artistique s'est ainsi développée de 1948 à 1952. On peut voir Georgette au musée de Jabbeke dans un parc de verdure au milieu des réalisations de ce grand peintre flamand.
Il ne l’a pas choisie comme muse et amie par hasard, mais pour ses incontestables talents artistiques. 

Parmi les nombreux portraits réalisés par Constant Permeke, peu de gens savent que plusieurs tableaux représentant une dame élégante aux gants verts, rouges et jaunes, qui n’est autre que ma chère grand-mère.

Elle était noble par naissance, mais également par son cœur et son esprit. Nombre d'artistes flamands ont été touchés par sa grâce et sa volonté de les aider. Elle était proche de la Reine Elisabeth, férue d’art également, qui a tant encouragé, avec Georgette, nombre d'artistes flamands et belges.

Ma grand-mère a offert un ensemble de dix-sept tableaux représentant les stations du Chemin de Croix de Jésus à l'église d'Oostkerke.
Elle reste ainsi ancrée dans la Flandre Occidentale, tout comme Constant Permeke l’est à Jabbeke.
G8 Georgette d Ydewalle Le chevalier de limpossibleJe possède nombre de ses toiles, dont « Le Chevalier de l’Impossible » qui prend tout son sens au sein de notre famille et dans ma vie personnelle.
Constant Permeke lui a offert une trentaine de toiles majeures, au nom de leur amitié. Elle les a toutes refusées, au nom de cette amitié platonique.

Voilà ce qu’il faut retenir de ma grand-mère, car si tout doit être beauté pour elle, tout est vérité aussi. Elle était tout à fait désintéressée et authentique.

Beaucoup de gens ont été touchés par sa grâce naturelle, sa disposition à écouter les maux de chacun et sa volonté de les résoudre.

N'oublions pas que ma grand-mère était également poète. Elle a réalisé différents frontispices pour les livres de son époux écrivain, Charles, avec des poèmes qui y étaient attachés et qu’elle avait plaisir à déclamer au milieu de ses proches.

Ma grand-mère était l’être le plus délicat que j’ai jamais connu, d'une grande générosité envers autrui, avec une vraie faculté d’écoute et d’attention, soucieuse de l’humanité et inquiète de son devenir.

Son petit-fils Pascal qui lui rend un vibrant hommage

Illustrations
Ci-dessus:
- ses parents (Renée Hollanders d’Ouderaen, Vincent Ryelandt)
- mariage avec Charles d'Ydewalle
- Georgette d'Ydewalle
- 'Jésus rencontre sa mère' (Chemin de Croix, église d'Oostkerke)
- 'Le Chevalier de l'impossible'

Ci-dessous:
- 'La vocation littéraire' 
Extrait d'une édition spéciale d'Enfance en Flandre, comprenant des textes de Charles d'Ydewalle illustrés par son épouse, l'illustration ci-dessous évoque un souvenir de jeunesse de l'auteur aux côtés de sa grand-mère Marie Aronio de Romblay:
J'ai appris à écrire à force de lire, d'absorber des livres d'histoire et des romans historiques. Et puis ce fut surtout l'hiver à côté d'une table où ma grand-mère, sous la lampe qui chantonnait doucement, écrivait, écrivait d'innombrables lettres, toutes en excellent français.
'
L'édition illustrée d'Enfances en Flandre est disponible en ligne au départ du lien suivant.

 

Enfances en Flandres
Texte de Charles d'Ydewalle - Illustrations de Georgette d'Ydewalle

G7 Ryelandt 04 La vocationc

 


Chemin de Croix (église d'Oostkerke)
10ième station: Jésus rencontre sa mère

G8B Geogette d Ydewalle Kruisweg Jesus sa mrec

 

 

'La mariée attendue'

 G1Georgette d Ydewalle G1 la marie attendue centr